Magnifica Humanitas… un texte majeur !

Alors que certains esprits inquiétants de la Silicon Valley, dont Peter Thiel, transforment parfois l’intelligence artificielle en théologie politique, allant jusqu’à convoquer la figure de l’Antéchrist pour désigner ceux qui voudraient freiner la toute-puissance technologique, le pape Léon XIV prend le chemin inverse : il replace le débat à sa seule hauteur légitime, celle de la personne humaine. 

Dans son encyclique Magnifica Humanitas, publiée ce 25 mai 2026, publiée ce 25 mai 2026, il s’inscrit dans la grande lignée de Léon XIII qui, avec Rerum Novarum, avait répondu aux ravages sociaux de la révolution industrielle du XIXᵉ siècle : exploitation ouvrière, concentration du capital, dépossession du travailleur, brutalité de l’usine.


Aujourd’hui, la machine n’est plus seulement faite d’acier, de vapeur et de charbon.

Elle est algorithme, donnée, calcul prédictif, intelligence artificielle générative.

Mais la question demeure la même : qui possède la machine ? Qui recueille les gains de productivité ? Qui décide de ce que l’homme vaut encore lorsque son travail, son jugement, son langage et bientôt une part de son discernement deviennent automatisables ?

Le danger de l’IA n’est donc pas seulement de supprimer des emplois.

Il est de substituer à la personne une fonction, au visage un profil, au jugement une probabilité, à la conscience une corrélation.

Le XIXᵉ siècle avait arraché l’ouvrier à son outil. Le XXIᵉ siècle risque d’arracher l’homme à sa propre intériorité.
C’est pourquoi le texte de Léon XIV dépasse de loin le débat technologique ordinaire.

Il ne condamne pas naïvement le progrès.

Il rappelle seulement que le progrès n’est moral que s’il agrandit l’homme.

S’il l’asservit, le remplace ou le rend superflu, il n’est plus progrès : il devient idolâtrie.

C’est peut-être cela, la nouvelle question sociale : après le capital contre le travail, voici le capital algorithmique face à la personne.

Et une civilisation qui automatise tout sauf la responsabilité prépare, sous les apparences du génie technique, une immense abdication morale.
Un texte d’une importance capitale pour marquer le début d’un pontificat que d’aucuns trouvent parfois timide, mais en prise directe avec le monde contemporain et susceptible, espérons-le, de réveiller la conscience mondiale. 

A lire absolument !                                                                 

 

Abbé Daniel Chavée